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Pour déterminer la perte probable maximale sur un portefeuille au cours d’une journée, SPAN® bâtit une série de scénarios impliquant une variation des prix et des volatilités sous-jacents pour chaque instrument dérivé du portefeuille ; ces « grilles de risque » constituent les éléments essentiels de la méthode appliquée par SPAN® car c’est d’elles qu’est extraite la perte probable maximale (scanning loss). SPAN® calcule ensuite la somme de toutes les « scanning losses » du portefeuille, puis il y ajoute toutes marges à débiter au titre des écarts entre mois (inter-month spread charges) et déduit toutes celles à créditer du fait des écarts entre matières premières (inter-commodity credits). Le résultat est ensuite comparé à la « marge minimum à débiter sur les positions vendeuses sur options» et la marge initiale sera égale à celui de ces deux montants qui est le plus élevé. Elle peut être calculée au moyen de l’équation suivante :

Marge initiale = scanning loss + marge à débiter au titre des écarts entre mois – marge à créditer au titre des écarts entre matières premières

ou, si elle est plus élevée, la marge minimum à débiter sur les positions vendeuses sur options.

On trouvera des explications plus détaillées ci-dessous.

Scanning loss et grilles de risques

La grille de risques SPAN® montre comment un contrat sur produits dérivés donné (par exemple un contrat à terme ou une option sur un contrat à terme, ou encore une option sur une valeur) réagira (c’est-à-dire prendra ou perdra de la valeur), entre aujourd'hui et une date future (généralement le lendemain), à un ensemble donné de conditions de marché pendant cette durée. La durée est généralement fixée à une séance de Bourse parce que SPAN® a pour finalité principale d’estimer la perte probable maximale susceptible de survenir d’une séance de Bourse à l’autre.

Les conditions de marché qui sont évaluées sont appelées « scénarios de risque ». Ces derniers, au nombre de seize, sont définis en fonction :

  • de l’ampleur de la variation de cours de l’actif sous-jacent qui est anticipée sur la durée prévue
  • de l’ampleur de la variation de la volatilité de l’actif sous-jacent sur la durée prévue.

Les résultats de ce calcul pour chaque scénario de risque - c’est-à-dire la mesure dans laquelle la valeur d’un contrat de produits dérivés augmentera ou diminuera pendant la durée prévue - sont appelés la valeur de la grille de risques (risk array value). L’ensemble des valeurs des grilles de risques pour un contrat donné observée dans la totalité des scénarios de risque forme la grille de risques. L’étendue de l’analyse, c’est-à-dire la fourchette formée par les valeurs maximale et minimale trouvées par SPAN® à partir du prix actuel de l’actif sous-jacent sur le marché, est examinée et contrôlée par LCH.Clearnet.

SPAN® se sert des grilles de risques pour analyser les variations de prix de l’actif sous-jacent et les variations de la volatilité de tous les contrats faisant partie d’un portefeuille de manière à déterminer les gains et pertes de ce portefeuille. La perte la plus grande constatée à l’issue de ce processus est retenue comme « scanning loss  » (perte probable maximale du portefeuille) pour le portefeuille.

Marges à débiter au titre des écarts entre mois (Inter-month spread charge)

SPAN® suppose que les variations de cours des contrats sont parfaitement corrélées d’un mois d’échéance à l’autre. Cependant, puisque, en réalité, il est rare que la corrélation entre les variations de cours d’un mois à l’autre soit parfaite, SPAN® ajoute une Marge au titre des écarts entre mois à la Scanning loss liée à chaque instrument. En fait, cette Marge au titre des écarts entre mois couvre le risque de variation de la base d’un mois à l’autre auquel peuvent être exposés les portefeuilles contenant des contrats à terme et des options dont la date d’expiration est différente.

SPAN® identifie le delta net associé à chaque contrat à terme ou autre instrument sous-jacent sur lequel un portefeuille contient des positions. SPAN® crée ensuite des écarts (spreads) au moyen de ces deltas nets. A mesure que ces écarts sont créés, SPAN® suit, pour chaque niveau (c’est-à-dire un ensemble de contrats à terme consécutifs), la mesure dans laquelle le delta a été consommé par l’écart de ce niveau et le delta résiduel. SPAN® estime, pour chaque écart formé, la marge par écart, le total de toutes ces marges constituant la marge à débiter au titre des écarts entre mois pour une matière première donnée.

Ecarts de stratégie (Strategy spreads)

London SPAN® version 4 comporte une nouvelle fonctionnalité appelée « Fonctionnalité des écarts de stratégie » (Strategy spread functionality). Il détecte les stratégies de papillons et condors consécutifs faisant partie d’un portefeuille et les traite en appliquant un taux approprié qui tient compte du risque moindre qu’elles comportent avant de calculer la marge à débiter au titre des écarts entre mois. Ainsi, London SPAN® version 4 fait bénéficier les portefeuilles contenant ces stratégies d’une évaluation plus juste du risque qu’ils comportent.

Ces stratégies sont identifiées automatiquement par London SPAN® version 4 même si ces positions n’ont pas été constituées en tant que stratégie.

Marges à créditer au titre des matières premières (Inter-commodity Credits)

Les variations de cours présentent généralement une corrélation assez forte entre instruments sous-jacents apparentés. De ce fait, les gains résultant des positions sur un instrument dérivé compensent parfois les pertes sur un autre instrument qui lui est proche. C’est pourquoi, pour tenir compte de la diminution des risques afférents aux portefeuilles contenant des instruments de produits dérivés apparentés, SPAN® détermine des écarts entre matières premières (inter-commodity spreads) pour ces positions. Ces écarts donnent des marges à créditer qui, dans le calcul final de la marge initiale, peuvent aboutir à une réduction de cette marge.

Chaque écart créé par SPAN® se traduit par une économie exprimée sous la forme d’un pourcentage de la marge initiale requise pour l’instrument sous-jacent. SPAN® applique les pourcentages ainsi obtenus à la marge initiale brute et, dans la plupart des cas, il arrive à une marge initiale plus faible pour l’instrument en question. SPAN® se sert des renseignements sur les coefficients delta pour déterminer les écarts ; plus le coefficient delta d’un portefeuille qui est alloué aux écarts est élevé, plus le montant à créditer au titre des écarts sera grand pour ce portefeuille.

Marge minimum à débiter sur les positions vendeuses sur options

Il peut sembler que les positions vendeuses sur des options dont le prix d’exercice est largement en dehors de la monnaie comportent un risque nul ou faible dans l’ensemble de la grille d’analyse. Cependant, si l’environnement de marché de l’actif sous-jacent se modifie sensiblement, ces options peuvent entrer dans la monnaie, de telle sorte que les titulaires de positions vendeuses sur celles-ci risquent d’essuyer de lourdes pertes. Afin de couvrir ce risque, SPAN® affecte une marge minimum à chaque position vendeuse sur option contenue dans un portefeuille. La Marge minimum à débiter sur les positions vendeuses sur options est la limite inférieure de la marge exigée pour couvrir le risque de chaque instrument sous-jacent. Cette marge ne peut tomber en dessous de ce plancher pour l’instrument en question.

Définitions
Marge initiale : Dépôt de garantie restituable exigé de ses adhérents par LCH.Clearnet lorsqu’ils ouvrent certaines positions sur des contrats à terme et des options. La marge initiale, généralement calculée en prenant la perte probable maximale que la position pourrait subir, peut être réglée soit en espèces, soit sous forme de titres donnés en garantie.
Scanning loss :
(perte probable maximale
d’un portefeuille)
Terme servant à décrire la marge initiale calculée par SPAN®. La scanning loss, calculée par le système SPAN®, est égale au risque d’un portefeuille de produits dérivés dans le scénario le plus pessimiste choisi parmi un éventail d’hypothèses de variation des cours et de la volatilité.